Dernière modification le mardi, 28 juillet 2020 14:21

Face aux annulations de foires et de ducasses, les forains ne sont pas à la fête

Activité au point mort pendant le confinement, foires annulées cet été, la crise sanitaire touche de plein fouet le monde des forains, brutalement privés d’une partie de leurs ressources.

Recroquevillés sur leurs remorques, lumières éteintes, on ne reconnaît plus les gros manèges. Ceux qui pendant une semaine ont fait hurler les amateurs de sensations fortes sur le champ de foire, à Douai. C’est là que l’on croise Dominique Lerendu, occupé à démonter l’une des attractions phares.

Une machine pour laquelle le forain s’est endetté, « mais ça valait le coup », sourit le professionnel. Si son Air One Maxx est plébiscitée, cette année, elle n’a pas franchement fait le plein. « On a eu moins de monde et les pertes sont estimées entre 50 et 60 % », évalue-t-il.

Choisi par ses collègues pour défendre la profession, le vice-président du Syndicat national des industriels forains (SNIF) est aux premières loges pour mesurer l’impact de la crise sanitaire sur les fêtes foraines. « On a tous été pris au dépourvu au sortir de l’hivernage », assure-t-il.

Protocole

Privés d’un début de saison radieux côté ciel, les forains ont rongé leur frein en tentant de limiter la casse : « On a pu bénéficier des 1 500 € de l’État, de prêts garantis et du report des taxes. Certains en ont profité pour rénover leurs manèges. »

Parallèlement, le représentant des forains a multiplié les contacts avec les maires, et les représentants de l’État pour limiter les annulations postconfinement. « Un protocole a été proposé et adopté, avec le port du masque dans les attractions, la désinfection des sièges toutes les deux heures et le gel hydroalcoolique à disposition. »

Annulations

Malgré tout, les forains font face à des annulations en cascade, souvent à la dernière minute et surtout dans les petites communes. « On a du mal à comprendre car dans les grandes villes comme Douai ou Cambrai, c’est maintenu et pas dans les villages où il y a moins de risques, car moins de monde », commente Dominique Lerendu.

Dans l’Arrageois, peu nombreuses sont les communes qui ont choisi de faire venir des manèges. Rumaucourt, Bailleul-Sir-Berthoult, Pas-en-Artois, Camblain-l’Abbé ou encore Avesnes-le-Comte, où les ducasses ont été maintenues, font ainsi figure d’exception. Mais à Arras, les fêtes de quartier ont été annulées et des négociations sont toujours en cours pour la foire de septembre (lire par ailleurs).

« Il y a un risque de dépôts de bilan en fin d’année, craint Dominique Lerendu. Les banques sont plus frileuses donc on fait moins d’investissements… C’est une crise qu’on n’a jamais connue. »

Source : VDN