Mirapolis, le rêve français des années 80

par Stéphane
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Ouvert en 1987 à Courdimanche, près de Cergy-Pontoise dans le Val-d’Oise, Mirapolis n’aura connu qu’une courte existence : quatre saisons seulement, jusqu’à sa fermeture en 1991.

Inauguré en grande pompe par Jacques Chirac, alors Premier ministre, le parc se voulait une réponse française aux grands complexes de loisirs internationaux, avec un univers inspiré des contes et légendes du patrimoine national.

Son emblème ? Une statue monumentale de Gargantua culminant à 35 mètres de haut, devenue l’un des symboles les plus marquants des parcs européens de la fin des années 80.

Malgré une ambition colossale, le projet sera fragilisé par des difficultés financières, une météo estivale particulièrement défavorable en 1987 et une fréquentation en deçà des attentes. Le rêve s’éteint définitivement en 1991.

Sa destinée est retracée dans le documentaire Mirapolis, l’incroyable crash du Disneyland français.

🎤 Un parc au cœur de la culture populaire

Mirapolis ne fut pas seulement un parc d’attractions : il s’imposa comme une véritable scène médiatique.

Le parc accueille des personnalités comme Johnny Hallyday ou Carlos, enregistrements promotionnels, émissions cultes telles que Club Dorothée, et même des départs du mythique Paris-Dakar.

Pendant quelques années, tout ce que la télévision française comptait de populaire transite par Mirapolis. L’espace devient un décor à ciel ouvert, témoin d’une époque marquée par l’optimisme et la démesure.

🏰 Gargantua, géant inoubliable

Impossible d’évoquer Mirapolis sans parler de Gargantua. Creuse et accessible, la statue offrait un point de vue spectaculaire sur le parc.

Pour toute une génération, elle incarne à elle seule l’audace du projet. Aujourd’hui encore, son image reste profondément ancrée dans la mémoire collective des visiteurs de l’époque.

© PIERRE ROUANET - LVDN

📚 David Frémery, gardien d’un patrimoine disparu

© PIERRE ROUANET - LVDN

Dans le Nord, à Bouchain, David Frémery conserve précieusement cartes de membres, fanions, objets promotionnels et archives liées au parc. Enfant, il découvre Mirapolis à l’été 1988. Une visite fondatrice.

Aujourd’hui président de l’association « Mirapolis, les amis du parc », il œuvre à la sauvegarde d’un patrimoine souvent méconnu. Archives récupérées, documents numérisés auprès de l’architecte du parc Anne Fourcade, éléments de décors préservés… le travail de mémoire est considérable.

David Frémery à 10 ans lors de sa première visite au parc Mirapolis.
© PIERRE ROUANET - LVDN

Une anecdote devenue presque légendaire : la découverte d’un coffre-fort abandonné sur le site après la fermeture. À l’intérieur, non pas de l’argent, mais des sacs remplis d’archives précieuses pour retracer l’histoire du parc.

🎉 2027 : vers un anniversaire mémoriel ?

À l’approche des 40 ans de l’ouverture en 2027, l’idée d’un hommage prend forme. Anciens employés – les « Mirapoliens » – et passionnés – les « Miramis » – pourraient se retrouver pour célébrer ce morceau d’histoire du loisir français.

Car au-delà de son échec économique, Mirapolis demeure un symbole : celui d’une ambition nationale, d’une époque flamboyante et d’un souvenir d’enfance que beaucoup n’ont jamais oublié.

Mirapolis n’existe plus physiquement. Mais dans le cœur de ses visiteurs, le géant Gargantua n’a jamais cessé de veiller.

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