Plus d’une décennie après le terrible accident qui avait coûté la vie à un salarié du Parc du Bocasse (Seine-Maritime) et grièvement blessé son collègue, l’affaire revient sur le devant de la scène judiciaire. Ce mardi 25 novembre 2025, le tribunal correctionnel de Rouen examinait les responsabilités de l’entreprise dans ce drame qui continue de marquer durablement le parc… et toute une communauté.
🛠️🔥 Une journée d’entretien qui vire au cauchemar
Le 6 janvier 2014, en pleine fermeture hivernale, seuls six employés œuvrent à la maintenance des attractions. Parmi eux :
Jacques.T, chef du service maintenance depuis près de 40 ans ;
Sébastien.L, électrotechnicien expérimenté.
Les deux hommes interviennent sur une roue de l’attraction Electro Spin, équipée d’un gigantesque pneumatique gonflé à 7,5 bars, comparable à celui d’un camion ou d’un tracteur.
Alors qu’ils cherchent à colmater une fuite sur la jante, une soudure est engagée sans démontage du pneu. Sous l’effet de la chaleur, la pression monte brutalement… et le pneumatique explose.
L’impact est d’une violence extrême :
Jacques.T, 55 ans, est tué sur le coup.
Sébastien.L survit après trois semaines de coma, plusieurs opérations et 18 mois de rééducation.
Un choc immense pour le parc, ses équipes, et la commune.
⚖️📄 Maintenance ordinaire ou extraordinaire ? Le cœur du débat
Au tribunal, une question domine :
Pourquoi un salarié, même expérimenté, a-t-il réalisé une opération aussi risquée et normalement interdite ?
Selon l’expertise :
L’intervention ne respectait pas les règles de l’art.
La formation initiale et continue était insuffisante.
La frontière entre maintenance « ordinaire » (réalisable en interne) et « extraordinaire » (nécessitant un prestataire externe) était floue pour les équipes.
Le manuel constructeur ne mentionnait pas cette opération → elle aurait donc dû être confiée à une société spécialisée, comme cela avait été fait deux ans plus tôt.
🧑⚖️🔎 Le ministère public : “Un manque de formation clair”
La procureure souligne :
une insuffisance de formation et de recyclage,
un défaut d’évaluation des risques,
et une culture interne où l’expérience semblait parfois primer sur les protocoles officiels.
Elle requiert :
25 000 € d’amende pour homicide involontaire,
5 000 € pour blessures involontaires.
🛡️🤝 La défense : “Un geste imprévisible d’un salarié compétent”
L’avocat du parc plaide la relaxe :
le parc n’aurait pas été informé de l’initiative des deux hommes ;
les salariés n’étaient pas autorisés à intervenir sur ce type d’éléments structurels ;
la procédure du constructeur était claire : si c’est autorisé, c’est expliqué dans le manuel.
Le directeur du parc, visiblement ému, rappelle aussi qu’aucun accident majeur n’avait été recensé avant… ni après ce drame.
⏳📅 Verdict du 3 décembre 2025
La société du parc d’attractions du Bocasse a été relaxée par le tribunal de Rouen ce mercredi 3 décembre 2025.


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